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Rutshuru : des champs insuffisants et redevances explosives plongent nombreuses familles dans la faim à Kiwanja

L’accès à la terre devient un luxe à Kiwanja, une entité du territoire de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu.
L’insécurité, la rareté des terres et la hausse des redevances empêchent de nombreux déplacés et ménages vulnérables de cultiver. L’insécurité, la rareté des terres arables et la hausse des redevances empêchent des milliers de ménages de produire. Résultat : la sécurité alimentaire est directement menacée.

Depuis plusieurs saisons, les agriculteurs dénoncent l’inaccessibilité des terres cultivables. Les frais de location ont explosé et beaucoup n’ont plus les moyens de payer.

Faute d’argent, certains sont contraints de travailler comme journaliers dans les champs d’autrui, en espérant un jour pouvoir louer leur propre parcelle.

« Les champs sont vraiment insuffisants. Et même les détenteurs haussent les montants de redevance pour l’allocation des champs, parce qu’ils savent que les gens sont dans le besoin d’avoir un espace à cultiver. Ça touche différentes catégories de personnes. Les retournés et les déplacés arrivent en pensant qu’ils vont se lancer dans l’agriculture. Mais faute de terre, ils restent au quartier sans activité », témoignent des agriculteurs rencontrés à Kiwanja.

Josaphat Mungumwa, agronome à l’ONG CEDERU, confirme que les impacts sont déjà visibles sur le terrain.

« La production diminue. Même les réserves des ménages sont à zéro. On observe une réduction des superficies cultivées, une baisse de la production et des revenus. Cela entraîne la faim, la malnutrition, le vol et l’exposition à différentes maladies à cause du manque de champs. De plus en plus de familles dépendent désormais de l’aide humanitaire parce qu’elles n’arrivent plus à produire pour se nourrir », explique-t-il.

Privées de récoltes, ces familles doivent acheter leur nourriture au marché. Mais avec des prix devenus inaccessibles, la faim et la malnutrition guettent les plus vulnérables.

Face à cette crise, les habitants lancent un appel aux autorités et aux humanitaires : faciliter l’accès aux terres arables.

« Nous demandons qu’on nous aide à avoir accès à la terre. Si nous avons des champs, nous pouvons produire et nourrir nos familles. Sans terre, nous mourrons de faim », plaide Josaphat Mungumwa.

Pour les communautés de Kiwanja, l’accès à la terre reste la seule solution pour relancer l’agriculture et garantir la sécurité alimentaire dans le territoire de Rutshuru.

MWENGE KAKE

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