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Rutshuru : à Nyamilima, la crise économique impacte la rentrée scolaire

À quelques jours de la rentrée scolaire, de nombreux parents de l’agglomération de Nyamilima en territoire de Rutshuru (Nord-Kivu) disent faire face à d’importantes difficultés financières qui compromettent la préparation du retour de leurs enfants à l’école. Entre la baisse des revenus et le coût élevé des fournitures scolaires, des uniformes et des frais de scolarité, plusieurs familles redoutent de ne pas pouvoir assurer une reprise normale des cours.

Pour plusieurs ménages, la rentrée scolaire, habituellement synonyme d’espoir, est devenue une véritable source d’inquiétude. Les parents interrogés expliquent que leurs revenus actuels ne leur permettent plus de couvrir les dépenses liées à l’éducation de leurs enfants.

C’est le cas par exemple de
Elysée Kambale, qui dit craindre de ne pas réunir les moyens nécessaires avant la reprise des cours.

« Si c’est l’ancienne uniforme de l’année passée, l’enfant va toujours l’utiliser. De même pour l’ancienne chaussure.
Nous ne voulons pas que nos enfants restent à la maison pour être des déléquents. Nous voulons qu’ils étudient. Nous demandons à ce que les enseignants nous accordent un peu de patience et qu’on arrête de les refouler chaque fois. Quand nous allons chaque fois trouver quelques choses, nous allons chaque fois payer », indique-t-il.

De son côté, Jeannine Sivalingana affirme qu’elle tente d’anticiper les dépenses en mettant progressivement de l’argent de côté. Toutefois, cette stratégie ne suffit plus face à la baisse du pouvoir d’achat.

« Nous préparons les élèves, nous voulons qu’ils soient toujours à l’école. Mais le manque d’argent nous complique la tâche.
Pour les cahiers, nous comptons nous débrouiller ou emprunter. Et si un membre de la famille peut aider pour la scolarité, c’est une bonne chose », a-t-elle affirmé.

Même constat pour Jacques Balikwisha, qui estime que la situation économique actuelle fragilise davantage les familles.

« Nous lançons un appel aux autorités scolaires de nous tenir la main vu la crise actuelle. Quand nous voulons inscrire les enfants, nous n’avons même pas de fournitures scolaires, car la crise est grave », dit-il.

Pour Julienne Bahati, malgré les efforts quotidiens consentis pour subvenir aux besoins de sa famille, il demeure compliqué de réunir les ressources nécessaires pour garantir une bonne rentrée scolaire à ses enfants.

Face à cette situation, plusieurs parents appellent les autorités compétentes à mettre en place des mesures d’accompagnement en faveur des ménages les plus vulnérables. Ils estiment qu’un soutien aux familles permettrait de faciliter l’accès des enfants à l’éducation et d’éviter que les difficultés économiques ne constituent un obstacle à la poursuite de leur scolarité.

Mwenge Kake

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