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Masisi : sous tension l’accord de Doha violé dès les premières heures

À l’Est de la République démocratique du Congo, l’espoir né de l’accord signé samedi à Doha n’aura duré que quelques heures.
Au petit matin de ce dimanche, des tirs ont de nouveau retenti dans les territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Selon plusieurs sources locales, des affrontements ont éclaté dans la zone de Maimingi, opposant les Forces armées de la RDC (FARDC) aux combattants de l’AFC/M23.

Dans ce coin du Kivu déjà meurtri, les habitants ont été réveillés par le fracas des armes, une scène devenue tristement familière. « On pensait que le calme allait revenir après ce qui s’est passé à Doha. Mais dès l’aube, les tirs étaient déjà là… », confie un habitant joint par téléphone, la voix encore marquée par la peur.

Cette reprise des hostilités, aussi rapide qu’inattendue, jette une ombre sur l’accord fraîchement paraphé. Sur terrain, le cessez-le-feu semble avoir volé en éclats avant même d’avoir réellement commencé. Et du côté des observateurs, l’inquiétude grandit : l’accord de Doha, présenté comme une lueur d’espoir, pourrait déjà vaciller.

Analyse : Pourquoi la violence persiste malgré les accords ?

La résurgence des combats révèle une réalité souvent ignorée derrière les signatures et les poignées de main :

Un profond déficit de confiance

Dans l’Est du Congo, chaque cessez-le-feu est accueilli avec scepticisme. Aucun des camps ne croit réellement aux intentions de l’autre. La moindre rumeur, la moindre position déplacée, et les armes parlent à nouveau.

Une mosaïque de groupes armés incontrôlables

Le conflit dépasse largement les deux forces en présence. Une multitude de groupes armés — certains non concernés par les négociations — opèrent dans la région. Ils peuvent relancer les combats, parfois même volontairement, pour conserver leurs zones d’influence ou leurs intérêts économiques.

Une région prise dans des enjeux géopolitiques plus vastes

L’Est de la RDC reste un terrain où s’entrecroisent des intérêts régionaux et internationaux. Ces influences externes fragilisent les efforts diplomatiques, et un accord signé à Doha ne suffit pas toujours à neutraliser les dynamiques de terrain.

Des accords souvent dépourvus de garanties concrètes

Sans mécanismes de vérification, de suivi et de sanctions, un accord de paix reste une déclaration d’intention. Quand rien n’encadre réellement le cessez-le-feu, sa violation devient presque inévitable.

Des zones où l’État peine à s’imposer

Dans plusieurs localités du Kivu, l’autorité de l’État est faible. Les groupes armés occupent l’espace, contrôlent des routes, taxent des populations. Un accord politique difficilement applicable dans ces conditions.

Rédaction

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