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Ituri : multiplication des barrières sur l’axe Mambasa–Makeke, un système de contrôle qui inquiète les usagers

L’axe routier Mambasa–Makeke, long de 120 kilomètres sur la RN44, est redevenu au centre des préoccupations publiques après une mission de monitoring menée le 28 novembre par la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC). L’organisation a constaté la présence de 24 nouveaux points de contrôle attribués à la Direction générale des recettes de la province de l’Ituri (DGRPI), une situation qui soulève de nombreuses interrogations sur la gestion administrative des recettes routières.

Selon les observateurs de la NSCC, l’apparition de plusieurs nouveaux postes sur cet axe déjà sensible a entraîné un ralentissement notable du trafic, augmentant les temps de parcours et compliquant les activités des transporteurs et commerçants. Pour une région dont les routes constituent l’un des rares leviers économiques, tout obstacle supplémentaire représente un risque majeur pour la mobilité.

Les transporteurs interrogés évoquent des arrêts « intempestifs », parfois espacés de quelques centaines de mètres seulement, donnant l’impression d’une route morcelée par des prélèvements successifs.

La principale inquiétude relevée par la NSCC réside dans le manque de clarté administrative entourant ces nouveaux points de contrôle. Les postes de la DGRPI légalement reconnus sont pourtant fixés par un arrêté de l’ancien gouverneur, qui détermine leur nombre et leur emplacement afin d’éviter toute surcharge pour les usagers.

Or, plusieurs des nouveaux postes observés ne figurent pas sur cette liste officielle, et certains agents présents n’auraient reçu aucune affectation formelle. Cette situation alimente la confusion et fragilise la confiance des citoyens envers l’administration fiscale provinciale.

Ces barrières supplémentaires traduisent, selon les acteurs locaux, un climat économique de plus en plus lourd pour les populations déjà confrontées à l’insécurité, au coût élevé du transport et à l’état de dégradation de plusieurs routes. Chaque arrêt représente une perte de temps, un coût additionnel pour les transporteurs et un frein à la circulation des biens essentiels.

Pour la NSCC, la question dépasse le simple débat administratif : elle touche directement le quotidien des habitants, la fluidité du commerce et l’accès aux services de base dans les zones éloignées.

Face aux préoccupations croissantes, la NSCC appelle les autorités provinciales à mener un audit urgent du dispositif de recouvrement sur les routes d’Ituri. L’objectif serait d’identifier les postes réellement conformes aux textes, de retirer ceux qui ne le sont pas et d’instaurer des mécanismes de contrôle capables de prévenir les abus.

L’organisation rappelle que l’efficacité fiscale dépend avant tout de la transparence, de la légalité des procédures et de la cohérence entre les décisions administratives et les réalités vécues sur le terrain.

Rédaction

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