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Rutshuru : des champs menacés par des éléphants autour de Nyamilima, les agriculteurs lancent un cri de detresse

Des éléphants du parc national de Virunga multiplient des incursions dans les champs riverains de cette aire protégée se trouvant aux périphéries de l’agglomération de Nyamilima, dans le groupement de Binza en territoire de Rutshuru au Nord-Kivu.
Des agriculteurs, joints par le reporter de rtcm-rdc ce mercredi, 24 juin 2026, regrette la destruction de leurs différentes cultures par ces espèces animales.
Ils expriment également leur inquiétude face au silence de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) malgré plusieurs alertes et réclament une intervention urgente pour éviter la famine et d’autres dangers.

Pour eux, c’est un double problème. D’un côté, l’insécurité alimentaire s’aggrave quand les stocks de nourriture disparaissent. De l’autre côté, tenter de chasser les éléphants expose les habitants à des risques d’accidents graves.

Ce sont des champs comme ceux de Rubumba, Nyamuragiza, Visoso, Buhimba, Kanyabunyunyu et Kinyabusaka qui sont les plus touchés par les ravages de ces éléphants en divagation. Les cultivateurs expliquent que les pachydermes sortent la nuit détruire les plantations de maïs, manioc, haricots bananiers,… En une seule nuit, un champ entier peut être détruit en une seul nuit, plongeant des familles dans une précarité alimentaire.

« C’est un grand malheur; Les éléphants envahissent nos champs et s’apprennent à des bananiers, maïs, soja, haricots et eulesines, causant d’énormes pertes. Plusieurs cultures sont par terre et certains agriculteurs ont déjà abandonné leurs champs. Les éléphants forcent la clôture et ravagent tout sur leur passage. Ils arrivent surtout autour de 20h. On a signalé le problème plusieurs fois à l’ICCN et aux autorités, mais rien ne bouge sur le terrain », dénoncent les agriculteurs de cette partie.

Le phénomène, identifié comme un conflit homme-faune, s’est intensifié depuis quelques mois.

Au-delà des dégâts matériels, ces incursions exposent les habitants à des risques d’accidents et alimentent aussi des tensions entre les communautés riveraines et les gestionnaires du parc. Les agriculteurs reprochent à l’ICCN de ne pas protéger assez leurs cultures malgré la clôture érigée à la limite du parc et demandent des mesures concrètes.

« Quand ils arrivent, nous battons des tambours et allumons des feux pour tenter de les chasser. Mais ce faisant, nous exposons au risque d’être agressés par ces animaux. Nous voyons déjà la famine pointer à l’horizon. Nous demandons qu’on nous vienne en aide pour repousser les éléphants afin de lancer la nouvelle saison. Nous peinons beaucoup. Qu’on fasse tout pour les faire rentrer dans l’enclos », plaident les agriculteurs.

À l’approche de la saison agricole, les habitants de Nyamilima craignent une aggravation de l’insécurité alimentaire et l’abandon des champs si rien n’est fait. Nous avons voulu contacter les responsables du parc national de Virunga, sans succès.

*Mwenge Kake*

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