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Nord-Rutshuru : Plus de 800 hectares de terres agricoles confisqués et des jeunes enrôlés de force par la rébellion du M23, l’ONG Badilika dénonce un plan d’extermination

L’organisation Badilika Droits Humains tire la sonnette d’alarme sur ce qu’elle qualifie de stratégie d’extermination des populations civiles par les rebelles du M23-AFC, avec le soutien de l’armée rwandaise (RDF), dans le territoire de Rutshuru, en province du Nord-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo.

Cette politique d’affaiblissement planifié combine la confiscation des terres agricoles et l’enrôlement forcé des jeunes civils dans le service militaire.

Dans un communiqué parvenu à rtc-rdc.com, cette structure de défense des droits humains indique que plus de 800 hectares de terres cultivables ont été réquisitionnés entre le 18 et le 25 juillet 2025 dans les localités de Karama, Chengerero, Chambungu et Kalindi, situées en périphérie de la cité de Kiwanja. Des interdictions d’accès à ces espaces agricoles ont été imposées à la population après la délimitation.

Des engins agricoles non identifiables, tels que des tracteurs venus du Rwanda, ont labouré ces champs, sans que les propriétaires ne soient consultés ni compensés.

L’ONG Badilika craint des conséquences graves liées à cette situation. Ce plan extrémiste expose de nombreuses familles à une « précarité alimentaire extrême ». Ces privations relèvent d’une tentative d’affaiblissement des communautés par la faim, ciblant de manière disproportionnée les groupes vulnérables tels que les femmes enceintes, les enfants et les personnes âgées.

Selon le communiqué, huit personnes auraient été blessées en tentant de s’opposer à ces confiscations.

Par la suite, l’accès aux terres aurait été conditionné à des paiements allant jusqu’à 100 USD, ainsi qu’à des taxes sur les récoltes.

L’ONG évoque un nettoyage économique et social et dénonce des violations graves du droit international humanitaire.

Badilika signale également que plus d’une centaine de jeunes civils auraient été enlevés à Ishasha, puis transférés à Rutshuru, où certains ont été vus en uniforme militaire. Ils seraient engagés sur la ligne de front contre les FDLR, utilisés comme boucliers humains.

À travers cette campagne d’enrôlement forcé, l’ONG suspecte une volonté délibérée d’affaiblissement ciblé de la jeunesse Hutu locale.

Deux officiers sont désignés comme responsables : le colonel Amani Claude, mentionné dans les enquêtes sur le massacre de Kishishe en 2022, et le général Boudoin Ngwaro, commandant du M23/AFC, fréquemment cité dans des rapports sur les violations des droits humains à l’Est de la RDC.

L’organisation appelle le gouvernement congolais à diligenter une enquête, la Cour pénale internationale à ouvrir une procédure indépendante, et les instances internationales, telles que les Nations Unies, l’Union africaine et MONUSCO, à exercer une pression diplomatique sur le Rwanda pour mettre fin à son soutien présumé au M23.

Elle estime que le silence ou l’inaction face à ces crimes pourrait équivaloir à une complicité.

La rédaction

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